Ci-gît le CBGB

17 novembre 2007  |  dans Culture

Le mythique CBGB

Le mythique CBGB

Si l’on a souvent glosé sur la mort du mouvement punk, c’est aujourd’hui un des lieux mythiques de son histoire qui disparaît.

Le CBGB, légendaire club new-yorkais, rampe de lancement de la scène alternative américaine des années 70, fermera ses portes le 31 octobre. Rideau sur cette petite salle de 300 places, sise au cœur de Manhattan, Bowery.

Un quartier à l’origine mal famé, mais investi depuis quelques années par les bobos, qui ont fait grimper les loyers. « C’était devenu exorbitant, nous ne pouvions plus payer et notre bail n’a pas été renouvelé », se désole Hilly Kristal, 74 ans, patron et fondateur du lieu. « Je suis un peu amer en ce moment, ces trente dernières années, j’ai certainement passé plus de temps dans ce club qu’à la maison ». Restent les souvenirs d’une période faste, juste après la création de la salle (1973), qui a vu les débuts des Ramones – « le groupe le plus mal coordonné que j’avais jamais entendu» -, Blondie, Television, les Talking Heads ou Patti Smith. Dans le public gravitaient Andy Warhol ou Lou Reed. Une grande partie de la scène punk, puis new wave y sont nées, même si ce n’était pas dans les intentions du fondateur : « CBGB signifie Country, Bluegrass and Blues : c’était la musique que je voulais programmer au départ, mais comme à l’époque il y avait très peu d’endroits pour jouer un rock différent, nous avons donné leur chance à ces nouveaux groupes et tant mieux ! » La petite salle affiche un prestigieux pedigree : des Clash aux Strokes en passant par Police ou Sonic Youth, tous y ont joué. Le CBGB est devenu un lieu de pèlerinage, un musée vivant du rock. Mais il revivra ailleurs assure Hilly Kristal : « nous avons quelques pistes : peut être à Las vegas, nous emporterons des parties de l’ancien club comme les toilettes (recouvertes de tags et d’autocollants de groupes ndlr). » La pissotière de Joey Ramone traversant les Etats-Unis pour finir dans la capitale des machines à sous… pouvait on rêver d’une épitaphe plus punk que celle-ci ?