À qui profite le steak ?

7 juin 2021  |  dans Femmes

Un steak de renne © Juliette Robert

Un steak de renne © Juliette Robert

Depuis quelques années, l’évolution des pratiques alimentaires vient timidement bousculer les habitudes masculines. C’est ce que constatent plusieurs études récentes croisant les questions du genre et de l’alimentation. La fin de la domination masculine passera-t-elle par nos assiettes ?

« Les femmes privilégient les yaourts, les compotes, la volaille, les soupes ou les boissons chaudes. À l’inverse, les hommes préfèrent les produits céréaliers, les fromages, les viandes et les charcuteries. » Cela n’est pas une liste de stéréotypes. Ce sont les habitudes alimentaires des Français·es métropolitain·es, décrites dans une enquête de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), publiée en 2017. La preuve – s’il le fallait – que le contenu de l’assiette reste genré !

Deux ans plus tôt, quatre sociologues et anthropologues s’associaient pour lancer un pavé dans la mare de la recherche française. Le dossier au titre on ne peut plus clair, « L’alimentation, arme du genre », est dédié à Nicole-Claude Mathieu, anthropologue féministe, qui dans les années 1990 « n’a jamais cessé de rappeler que la domination [...] est maintenue par une violence très concrète de la part de ceux qui ont intérêt à préserver leurs privilèges alimentaires ».

Anthropologue à l’origine de cette recherche, Priscille Touraille a soutenu sa thèse en 2005 – sous la direction de Françoise Héritier – sur le dimorphisme sexuel de taille liée à l’alimentation. Autrement dit, l’analyse des régimes alimentaires permet-elle de répondre à cette question : pourquoi les femmes sont-elles plus petites que les hommes ?

Lire la suite dans la revue La Déferlante #2