On dirait le Sud

17 octobre 2017  |  dans Culture

Une maison historique, La Buckner Mansion, sur Jackson avenue, qui a servi de decor pour la serie American Horror Story ©Juliette Robert/Youpress/Haytham

Une maison historique, La Buckner Mansion, sur Jackson avenue, qui a servi de decor pour la serie American Horror Story ©Juliette Robert/Youpress/Haytham

De True Detective à Jurassic World, les productions américaines choisissent désormais la Louisiane pour tourner. À cause des paysages, mais aussi parce que les meilleurs crédits d’impôts du pays – récemment rabotés – sont sur place. Dix ans après le passage de l’ouragan Katrina, le cinéma et les séries télé ont-ils vraiment aidé à restaurer la fierté des habitants de la Nouvelle-Orléans ? Plongée dans les rouages du « Bayoulywood ».



« Mère Nature porte haut sa couronne, par ici. Sa majesté dirige. Ici, le sens de la moindre chose repose sur ce qui l’entoure : l’écart du conducteur autour du nid de poule, le canard sous la branche, la pau- vreté, le taux de criminalité… Comme dans un bon gombo, l’esprit de la bouillabaisse est dans le mélange. »
À première vue, cela pourrait être du Jean-Claude Van Damme. Finalement, ce discours philosophique livré lors du gala annuel de la New Orleans Film Society, le 29 mars dernier, est à mettre au crédit de Matthew McConaughey. À cette époque, le comédien fraîchement oscarisé tournait The Free State of Jones, l’histoire vraie d’un fermier du Mississippi, amené à former un groupe de déserteurs antiesclavagistes en pleine guerre de Sécession. Est-ce la raison de l’émotion de l’acteur ? Non. Disons plutôt qu’après True Detective et Dallas Buyers Club, le comédien est heureux de revenir tourner à la Nouvelle-Orléans, qu’on appelle aussi NOLA. Il s’y sent comme chez lui. Et comme le blondinet texan, ils sont des centaines d’acteurs chaque année à déménager avec producteurs et assistants dans les marécages louisianais et les malls désertés de Bâton-Rouge. Rien que ces derniers mois, les locaux ont pu croiser, à l’aéroport Louis Armstrong International ou dans les rues de Bourbon Street, McConaughey, Ryan Gosling, Emma Roberts, Jamie Lee Curtis, Anthony Hopkins, Brad Pitt, Al Pacino ou Christian Bale. La cité créole, depuis 2002, a un nickname : « Hollywood South ».

L’histoire d’amour entre la ville et le septième art ne date pourtant pas d’hier. En effet, depuis Tarzan of the Apes en 1918, Marlon Brando a pris le streetcar pour Saint-Charles dans Un tramway nommé désir, Tom Cruise a joué les vampires dans les cossues mansions de la contrée pour Entretien avec un vampire et Leo DiCaprio a fait claquer son fouet dans Django Unchained. Aujourd’hui, dans les rues mal éclairées de la ville, où les poivrots roupillent sous des balcons croulant sous les fougères, il ne faut pas marcher 300 mètres pour tomber sur un crew en plein travail. Ce soir d’avril, à l’angle de Royal Street et Barracks, c’est la chaîne câblée HBO qui a installé ses lampes chinoises, sa cantine et ses machines à brume. Si la rue laisse difficilement passer les voitures et les carrioles à cheval, c’est pour le tournage d’un épisode de la saison 2 de Togetherness, la nouvelle série écrite et produite par les frères Duplass. Plus loin, de l’autre côté de Canal Street, l’artère principale de la cité, c’est une queue leuleu de camions qui a envahi le business district pour le nouveau film produit et interprété par Brad Pitt, The Big Short, adapté de ce qui est souvent considéré comme le meilleur livre à propos de la crise financière. « En 2014, nous avons reçu 60 grosses productions de cet ordre, éligible aux déductions fiscales et 200 plus petites pour des pubs et des clips », s’enthousiasme Carroll Morton, directrice déléguée à la culture à la mairie. Préalablement pensés pour attirer les projets à plusieurs millions, comme Expendables 2 (tourné en studio en 2012), les tax credits ont aussi aidé les petites productions indépendantes, comme Les Bêtes du sud sauvage, qui met à l’affiche une habitante du cru, Quvenzhané Wallis, venue passer un casting avec sa maman, comme on va faire du shopping à la ville. Les déductions fiscales voilà le nerf de la guerre : pour la Paramount et autres Fox, tourner en Louisiane, ça représente un sacré paquet de dollars. Des cadeaux que plus de 24 états des États-Unis – et leurs contribuables – proposent, mais pas de façon aussi prolixe qu’au pays de l’écrevisse.

l'actrice Phyllis Montana Leblanc, qui a joue dans le documentaire de Spike Lee "When the Levees Broke" sur l'ouragan Katrina, et dans la serie Treme. ©Juliette Robert/Youpress/Haytham

l’actrice Phyllis Montana Leblanc, qui a joue dans le documentaire de Spike Lee « When the Levees Broke » sur l’ouragan Katrina, et dans la serie Treme. ©Juliette Robert/Youpress/Haytham


Le plateau en argent de Forest Whitaker

C’est en 2002 que les législateurs louisianais font le pari du cinéma pour redynamiser un territoire pauvre. Leur tax incentive system est le plus avantageux du pays. Il attire les grands noms de Hollywood. Les productions qui choisissent la Louisiane bénéficient du soleil toute l’année, mais surtout de 30 % de crédit sur leurs dépenses effectuées dans les frontières de l’État, des achats de perruques aux frais de bouche. Mieux encore : les productions peuvent obtenir 5 % supplémentaires si elles emploient un minimum de Louisianais dans leurs équipes. Le show American Horror Story comptait ainsi 90 % de locaux dans ses troupes, hors-talents, pour ses deux saisons tournées en Louisiane. « Quand elles nous soumettent un projet, les productions savent qu’elles recevront les fonds dès le prochain exercice fiscal », explique Carroll Morton. Ce qui représente beaucoup d’argent, par exemple pour un projet de 150 millions, comme L’Étrange histoire de Benjamin Button. C’est spécifiquement pour faire des économies que ses producteurs, Frank Marshall et Kathleen Kennedy, avaient choisi en 2007 de déplacer en Louisiane un projet scénarisé à Baltimore. Selon la fonctionnaire, tout n’est pourtant pas qu’une question de gros sous. Parfois, il arrive aussi que les décors naturels qu’offrent la ville et l’État fassent partie intégrante des films et de leurs intrigues. « Bon, parfois, certains déguisent notre ville pour qu’elle ressemble à San Francisco. Par exemple, l’équipe qui était venue tourner La Planète des singes, grince Caroll Morton. Mais New Orleans et la Louisiane sont de plus en plus intégrées dans les scénarios. Dans les séries en particulier, comme NCIS : Nouvelle-Orléans ou True Detective. Forcément, cela rejaillit sur la fierté que les habitants ont de leur ville. »

Selon Will French, directeur de la Louisiana Film and Entertainment Association (LFEA) et premier militant de la sauvegarde de ce système, le succès du NOLA-hub (qui signifie « tremplin ») tient à de nombreux facteurs : « Depuis le début du XXe siècle, Hollywood a tout centralisé parce que les machines étaient lourdes et les bobines difficiles à développer. La numérisation du cinéma a cassé leur monopole et démocratisé le cinéma. Au bénéfice notamment, de la Louisiane. » Depuis son bureau, au 37e étage d’un building étincelant, l’avocat fait le bilan de treize années de cadeaux fiscaux. Et, cela tombe bien, son association vient de sortir une étude sur les conséquences des tax credits sur l’économie locale (Economic impacts of the Louisiana Motion Picture Interstor Tax Credit, HR&A Advisors, 6 avril 2015). Galvanisé, il lui faut deux mains pour énoncer les chiffres : ceux du tourisme et de l’emploi sont les plus parlants, annonce-t-il en un sourire Colgate.

En 2015, 41 % des touristes interrogés indiquaient que c’était le cinéma et la télévision qui avaient motivé leur voyage, surtout les programmes Duck Dynasty, NCIS et, récemment, les longs métrages 21 Jump Street et 12 Years as a Slave. Que ce soient les rednecks qui tirent les canards à coups de carabines de fortune dans le bayou, les allées de chênes verts des plantations, les big bands de jazz ou de rhythm & blues et les concours de drag queens, les films offrent au spectateur un véritable kaléidoscope d’images mémorables. Cet appât à touristes peut avoir des conséquences très diverses. Ainsi, de nombreux movie tours sillonnent la ville, de jour comme de nuit, et les petits commerçants qui fournissent les productions se frottent les mains. Duncan Cox tient une boutique d’argenterie et travaille avec les départements d’accessoires, louant chandeliers, porte-cigarettes et services à thé pour les plus grands titres du box office : « Un jour j’ai reçu un couple de New-Yorkais. Ils avaient vu le film Le Majordome. Ils savaient je ne sais comment que je les avais fournis et m’ont acheté le très imposant – et très cher – plateau en argent de Forest Whitaker ! » Même chose pour Leslie Courreges, qui reçoit à quatre arrêts de tramway dans sa boutique de fringues vintage, RetroActive. Elle a repris son échoppe il y a trois ans, et a continué l’œuvre du précédent propriétaire, qui avait approvisionné la production de Mad Men en chapeaux et autres nuisettes. Bien que ses robes et bijoux apparaissent dans le sérieux Majordome et bientôt dans la série The Astronaut Wives Club, la grande fierté de la jeune propriétaire est d’avoir fourni Lou Eyrich, la fameuse costumière multi-récompensée de Glee, pour deux saisons d’American Horror Story. « Je trouvais ça cool qu’ils utilisent du vrai vintage. Il y a eu des articles de Vogue sur la mode dans le show, ça m’a ramené des clientes. Quand ils sont partis filmer la dernière saison en Californie, c’était triste, je m’étais habituée à les voir dans le coin… et à avoir un super bilan comptable. »

Les chiffres de l’emploi, direct et indirect, sont eux aussi très éloquents. Dans un État du vieux Sud, miné par le chômage – la Louisiane est 46e sur 50 en termes d’activité –, les emplois dans le secteur des motion pictures ont augmenté de 594 % entre 2002 et 2013, pour atteindre 13 000 équivalents temps pleins en 2015. Les emplois d’acteurs, qui ne comptent pas dans ces statistiques, ont augmenté de 754 %. Loin devant la santé – 24 % – et l’extraction de pétrole et de gaz naturel – 14 %. « Pour faire face à la demande des productions, la mairie organise des bootcamps spécialisés pour les publics de personnes sous-employées et de chômeurs. Le succès est là : 60 % des participants trouvent un emploi dans le cinéma à la sortie. » À écouter Carroll Morton, tout cela fleurerait presque l’amour : « La série Treme, qui a été tournée en 2006, soit juste un an après le passage de l’ouragan Katrina, a changé la ville en profondeur, cela a créé un lien inaltérable entre la ville et la chaîne HBO. Elle nous aide notamment sur un grand programme de stages payants pour nos administrés. »

Ryan Glorioso, directeur de casting a la Nouvelle Orleans ©Juliette Robert/Youpress/Haytham

Ryan Glorioso, directeur de casting a la Nouvelle Orleans ©Juliette Robert/Youpress/Haytham


100 dollars la journée de figuration

Treme, c’est le mot qui revient sur bien des lèvres en ville. Car du jeune lycéen Jaron Williams à la grande chef Susan Spicer, il semble que tout le monde a plus ou moins travaillé pour la série. « Il y avait une vraie perte de confiance entre nous et le reste du monde après la tempête, explique le Black Indian1 Walter Harris. Nous étions éparpillés dans le pays, nous essayions de revenir. En 2006, je tentais de remonter mon business de jardinage, c’était la galère. Un jour, un pote m’a appelé : “HBO recherche des Black Indians pour un film.” J’ai auditionné et j’ai eu un rôle de musicien plus un job de consultant costumier… pour fucking-HBO ! J’y croyais pas. » À l’écouter, Treme a représenté pour la ville une opportunité financière, un traitement psychiatrique et le premier domino qui a lancé les autres : « Après Katrina, il y a ceux qui ont décidé de lever le menton et de ne plus regarder en arrière, et il y a les autres, comme ma maman, qui ont perdu la raison. Aujourd’hui, grâce à HBO et aux autres, mes filles ont accès à des opportunités inimaginables quand j’étais petit. Et mes beaux-parents complètent leur petite retraite en faisant de la figuration à 100 dollars la journée. Le cinéma a vraiment changé nos perspectives et notre ville. »

Et comment. Depuis 2002, et malgré plusieurs ouragans dévastateurs, la Nouvelle-Orléans s’est réapproprié un territoire. Des giga-studios ont été construits dans des quartiers désœuvrés, comme les Second Line Stages, ou dans des zones en friche comme les Big Easy Studios (23 000 mètres carrés d’anciens hangars de la NASA). L’ancien parc d’attraction Six Flags, un stigmate d’août 2005, a accueilli la saison 4 de la série de Ryan Murphy American Horror Story, Freak Show, mais aussi le blockbuster de l’été, Jurassic World. La Louisiane dispose aussi de milliers de professionnels formés dans les universités locales ou venus de Californie s’installer à demeure dans la cité créole. C’est le cas de Valérie Hanna. Dans une autre vie, cette avocate de formation était aussi interprète de soap opera à Los Angeles, sa place-to-be pendant quinze succulentes années. Elle vient d’ouvrir en ville son agence d’acteurs, Fruition Talent. En trois mois d’exercice, elle a fait signer 55 artistes, dont la star de Treme, Phyllis Montana LeBlanc (cf. ci-dessous). Elle a même placé une jeune actrice dans plusieurs épisodes de la série de CBS, Zoo. « C’est ici que ça se passe. À L.A., il y a trop de monde pour peu de jobs. Ici, vous pouvez être une personne lambda et obtenir un rôle avec des répliques, tout le monde du côté de New Orleans a une certaine théâtralité. » La diversité des talents, c’est aussi pour cela que Ryan Glorioso, directeur de casting et hipster à la barbe épaisse, est revenu sur sa terre natale après dix ans passés à L.A. En se grattant le menton, il dégaine son mal-être californien comme on énumère une liste de courses : « Là-bas, j’ai plus bossé pour de la pub qu’autre chose, rien de bien intéressant. » À la Nouvelle-Orléans, dans son bureau financé grâce aux impôts et accolé aux studios Second Line Stages dans le quartier de Magazine Street, le bonhomme se félicite d’avoir travaillé pour le remake 3D de Massacre à la tronçonneuse, la prochaine hit-série d’ABC The Astronaut Wives Club ou Maggie, le récent zombie movie d’Arnold Schwarzenegger. « Avant de revenir monter ma boîte à NOLA, j’ai roulé ma bosse à Shreveport dans le nord de l’État. Là-bas, j’ai vu des ouvriers, virés de leurs usines, se pointer dans les agences de casting. J’en ai recroisé certains depuis, ils arrivent à en vivre. » À l’idée que l’État coupe un jour les robinets de subventions, Ryan choisit de rire jaune : « De toute façon, si les tax incentives s’arrêtent, je préfère ouvrir un camion où je ferai cuire des fruits de mer plutôt que retourner en Californie. »

Tournage dans le Quartier Français ©Juliette Robert/Youpress/Haytham

Tournage dans le Quartier Français ©Juliette Robert/Youpress/Haytham


Tuba, tranche de pastèque et pipe à crack

Malheureusement, le 18 mai dernier, et malgré une très grande mobilisation des professionnels du cinéma menés par la LFEA, les choses ont changé. Avec 226 millions de dollars offerts en 2014, le trop généreux système s’est vu retoqué par le Congrès. Il sera dorénavant soumis à un plafond de 200 millions de dollars par an. Pour les législateurs, le résultat est double puisqu’il permet une meilleure surveillance des projets, mais aussi d’éviter que les productions hollywoodiennes n’arnaquent trop le système. Si la corne d’abondance a eu chaud en échappant à l’arrêt pur et simple, ses supporters ont peur. « C’est un très mauvais message pour les producteurs, qui pourraient décider d’aller voir ailleurs », s’inquiète Will French.
Mais cette décision n’afflige pas tout le monde. Nombreux sont ceux qui reprochent à l’État de se montrer dispendieux avec les productions, au mépris de l’éducation et de la santé, dont le budget vient lui aussi d’être réduit de 190 millions de dollars en mai. Quant à la multiplicité des tournages en ville, certains habitants n’ont pas peur de parler de colonisation : « Ils ferment les rues sans prévenir, vous enferment chez vous alors que vous devez sortir le chien, ils prennent toutes les places de parking et en plus, ce sont des gros connards de Californiens qui ne savent pas parler aux gens. On est fiers ici, on ne nous donne pas d’ordre », se fâche Lycia Ferguson, entrepreneuse dans le quartier de Bywater, qu’elle a vu changer du tout au tout ces dernières années. « En 2007, une petite maison ici, c’était 500 dollars par mois. Maintenant, c’est 1 200, et tout le monde est blanc. »

Cette gentrification galopante est directement imputable aux sirènes du cinéma, selon Kirk Joseph, fondateur du Dirty Dozen Brass Band. C’est sans doute pour cette raison que le musicien, qui a lui aussi fait vibrer son tuba dans Treme, ne décolère pas dès qu’il s’agit de raconter le choc des cultures que connaît de plus en plus souvent sa ville dès qu’elle ouvre ses bras aux « étranges gens du cinéma ». D’une voix posée, il explique : « Évidemment, j’ai aimé travailler pour HBO, qui a vraiment mis en lumière les problèmes des musiciens d’ici. Mais toutes les productions qui ont suivi ont aussi endurci notre quotidien. Les nouveaux habitants qu’attirent ces productions de cinéma ne respectent pas tous notre mode de vie, ils arrivent de New York et sont gênés par l’odeur de pisse dans la rue et gueulent sans arrêt sur les gens du cru qui arrivent en retard, liste-t-il en maltraitant sa tranche de pastèque. Les ordonnances contre la musique, les autorisations pour les processions séculaires et les restrictions des horaires des clubs se sont multipliées. Aujourd’hui, je travaille plus en Europe que dans ma cité. Ici, il y a trop de concurrence, et je me fais vieux. Je préférerais que l’argent alloué au cinéma aille à un régime d’intermittence, pour aider les musiciens qui ont toujours fait la Nouvelle-Orléans. » Malik Rahim, militant Black Panther et défenseur des droits, est encore plus dur dans ses propos. Dans sa petite maison sans eau courante, où se côtoient vierges noires et affiches de militants les poings levés, il le dit tout de go : certaines productions participent à aiguiser le sentiment d’abandon des jeunes Noirs qui n’ont pas choisi leur street life. « J’habite à Algiers, dans un quartier où il ne fait pas bon traîner, se désole-t-il en agitant ses rastas. Beaucoup de drogue, de gamins conscients qu’ils finiront leur vie en prison, parce qu’ils sont pauvres, qu’ils sont noirs, qu’ils seront toujours inadaptés. Depuis quelques mois, les gens de NCIS : Nouvelle-Orléans viennent avec tout leur bazar s’installer dans notre communauté. Ils se garent et postent des gardes partout, barricadent leur matériel parce qu’ils sentent qu’un jour ça va péter. Le message qu’ils donnent, c’est qu’ils n’offriront jamais d’opportunités aux habitants d’ici, ceux que la mairie ne montre pas. C’est comme s’ils venaient chez toi fumer leurs pipes à crack sans te laisser tirer, c’est de la violence sociale. »
C’est sûr qu’entre l’esprit de la bouillabaisse de Matthew McConaughey et l’image des pipes à crack, il y a comme une différence.

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